Prévention

La prévention pour la santé du nourrisson

Comprendre les risques les plus fréquents chez les tout-petits et connaître les gestes simples pour protéger la santé et la sécurité de votre bébé au quotidien.

Qu’est-ce que la bronchiolite ?

La bronchiolite aiguë du nourrisson est une infection respiratoire très répandue chez les bébés en France. Cette maladie virale et contagieuse atteint les bronchioles, c’est-à-dire les petites branches des bronches. L’infection entraîne une inflammation de leurs parois ainsi qu’une production excessive de mucus, ce qui peut gêner le passage de l’air. Le principal virus responsable est le Virus Respiratoire Syncytial (VRS).

Le virus se retrouve dans les sécrétions nasales et la salive. Il se transmet facilement lors de contacts rapprochés, comme les câlins ou les bisous, mais aussi par les gouttelettes émises lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou se mouche. La contamination peut également se faire par les mains ou par des objets souillés tels que les jouets, les mouchoirs ou les tétines.

Les épidémies surviennent principalement entre l’automne et la fin de l’hiver, le plus souvent d’octobre à mars.

La bronchiolite touche surtout les enfants de moins de deux ans et se manifeste généralement par une gêne respiratoire accompagnée d’une toux, et parfois d’une respiration rapide et sifflante.

Dans la majorité des cas, cette maladie reste bénigne. Toutefois, une attention particulière est recommandée durant les premiers jours afin de surveiller l’évolution de l’état du nourrisson. Les symptômes disparaissent habituellement en une dizaine de jours, même si la toux peut persister plusieurs semaines.

Certains nourrissons sont plus vulnérables en cas de bronchiolite et sont plus souvent hospitalisés.

Certains bébés présentent davantage de risques de complications et nécessitent plus fréquemment une hospitalisation. Il s’agit notamment :

  • des nourrissons nés prématurément (avant 36 semaines d’aménorrhée) ;
  • des bébés âgés de moins de deux mois ;
  • des enfants souffrant d’une maladie cardiaque, pulmonaire ou d’un déficit immunitaire ;
  • des nourrissons exposés au tabagisme passif.

Les symptômes de la bronchiolite

La bronchiolite commence le plus souvent par des signes proches d’un rhume ou d’une rhinopharyngite, accompagnés parfois d’une faible fièvre. Progressivement, une toux sèche apparaît et s’intensifie.

Au fil des jours, des difficultés respiratoires peuvent se manifester. L’enfant présente alors une respiration plus rapide, parfois sifflante ou bruyante, notamment lors de l’expiration.

À ce stade, le nourrisson peut avoir du mal à manger correctement ou à trouver le sommeil. Une vigilance particulière est donc recommandée au début de la maladie afin de surveiller l’évolution de son état respiratoire.

Que faire si votre bébé a une bronchiolite ?

La bronchiolite nécessite un avis médical et ne doit pas être traitée uniquement par automédication. Un examen par un professionnel de santé est essentiel afin d’évaluer l’état du nourrisson.

Si votre bébé a plus de deux mois, présente des symptômes de bronchiolite mais conserve un bon état général et continue de s’alimenter correctement, il est recommandé de consulter votre médecin dans la journée. Cette consultation permettra de vérifier l’évolution de la maladie et d’adapter la prise en charge si besoin.

Une nouvelle consultation est nécessaire si les symptômes s’aggravent ou si, après quelques jours, la fièvre devient plus importante et que les sécrétions bronchiques deviennent épaisses, jaunes ou verdâtres, ce qui peut évoquer une infection bactérienne associée.

Il est important de contacter sans tarder les urgences médicales (15 ou 112) dans les situations suivantes :

  • votre bébé a moins de deux mois ;
  • il est né prématurément (avant 36 semaines d’aménorrhée) ;
  • il souffre d’une maladie cardiaque, respiratoire, d’un déficit immunitaire ou d’un handicap limitant sa capacité à tousser ;
  • il boit moins de la moitié de ses biberons pendant plusieurs repas consécutifs ou n’arrive plus à téter au sein ;
  • il vomit fréquemment, avec un risque de déshydratation ;
  • son comportement paraît inhabituel : grande somnolence, manque de tonus, agitation importante ou pleurs inhabituels ;
  • il devient pâle, gémit ou présente une coloration bleutée des lèvres ou des doigts ;
  • ses difficultés respiratoires augmentent : respiration très rapide, irrégulière ou ralentie, pauses respiratoires, battement des narines ou creusement entre les côtes et au-dessus des clavicules.

Le médecin pourra vous donner des conseils pour améliorer le confort de votre enfant et expliquer les signes à surveiller, en particulier durant les premiers jours de la maladie. Une consultation de contrôle peut également être programmée afin de vérifier la bonne évolution de la bronchiolite.

Conseils pour soulager un enfant atteint de bronchiolite

Plusieurs gestes simples peuvent aider votre enfant à mieux supporter la bronchiolite et à respirer plus facilement :

  • nettoyer régulièrement son nez avec du sérum physiologique, notamment avant les repas et aussi souvent que nécessaire. Chez les nourrissons de moins de six mois, la respiration se fait essentiellement par le nez ;
  • maintenir votre bébé en position légèrement redressée lorsqu’il est éveillé afin de faciliter sa respiration ;
  • continuer à le coucher sur le dos pour dormir, conformément aux recommandations habituelles ;
  • éviter toute exposition à la fumée de tabac, qui peut aggraver les symptômes et favoriser les récidives ;
  • proposer fréquemment à boire pour limiter le risque de déshydratation ;
  • poursuivre une alimentation normale en fractionnant les repas et en donnant de petites quantités si l’enfant est fatigué. Les quintes de toux peuvent provoquer des vomissements ;
  • contrôler régulièrement sa température. En cas de fièvre, il est conseillé de ne pas trop couvrir le nourrisson et de suivre le traitement antipyrétique prescrit par le médecin ;
  • aérer la chambre plusieurs fois par jour et maintenir une température ambiante ne dépassant pas 19 °C ;
  • garder votre enfant à domicile pendant toute la période aiguë de la maladie afin de favoriser son repos et d’éviter la transmission du virus.

La kinésithérapie respiratoire n’est aujourd’hui plus recommandée, sauf dans certaines situations particulières évaluées par un professionnel de santé.

Les médicaments contre la toux ne sont pas conseillés chez les jeunes enfants. Les antitussifs, expectorants et fluidifiants bronchiques sont contre-indiqués avant l’âge de deux ans. De même, les bronchodilatateurs et les mucolytiques ne sont généralement pas efficaces dans le traitement de la bronchiolite.

Comme cette maladie est causée par un virus, les antibiotiques ne sont pas utiles dans la majorité des cas. Ils ne sont prescrits qu’en présence d’une complication bactérienne, comme une pneumonie ou une otite associée.

Prévention de la bronchiolite

Prévenir la bronchiolite par un traitement préventif

Il existe deux traitements préventifs visant à réduire le risque d’infection chez le nourrisson. Ils sont administrés soit chez la femme enceinte (Abrysvo®), soit chez le nouveau-né et le nourrisson (Beyfortus®).

Prévention de la bronchiolite par nirsévimab (Beyfortus®) pour le nourrisson

Le nirsévimab (Beyfortus®), un traitement préventif contre la bronchiolite

Le Beyfortus® (nirsévimab) est un anticorps monoclonal utilisé pour prévenir les infections dues au Virus respiratoire syncytial, responsable d’une grande partie des cas de bronchiolite chez les nourrissons.

Administré sous la forme d’une injection unique, ce traitement agit rapidement après son administration et offre une protection pendant environ cinq mois aux nouveau-nés et aux jeunes enfants.

Le nirsévimab est proposé uniquement durant la période de prévention saisonnière, qui commence généralement au début du mois de septembre et se poursuit jusqu’à la fin de l’épidémie hivernale.

Qui peut en bénéficier ?

Pendant cette campagne de prévention, les nourrissons nés au cours de l’année peuvent être éligibles à l’immunisation par le Beyfortus® lors de leur premier automne ou hiver, période où le risque de circulation du VRS est le plus important.

La prescription et l’injection du Beyfortus® peuvent être effectuées directement au cours du séjour en maternité.

Pour les nourrissons déjà retournés à domicile, ce traitement préventif peut également être proposé par le médecin traitant ou dans un centre de Protection maternelle et infantile (PMI). Vous pourrez vous procurer l’injection sous ordonnance dans votre pharmacie. En médecine de ville, le Beyfortus® est pris en charge par l’Assurance Maladie à hauteur de 30 %. Il est conseillé de se renseigner auprès de sa mutuelle afin de connaître les éventuels remboursements complémentaires. Pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (anciennement CMU), la part restante peut être intégralement couverte.  

Le nirsévimab a-t-il des effets indésirables ?

Comme tous les médicaments, le Beyfortus® peut parfois provoquer des effets secondaires, même s’ils restent rares.

Les effets les plus fréquents sont une rougeur, un léger gonflement ou une douleur à l’endroit de l’injection et /ou de la fièvre. Ils apparaissent dans les jours suivant l’injection et disparaissent rapidement.

Dans de très rares cas, une réaction allergique importante peut survenir. Il faut consulter rapidement un médecin ou appeler le 15 si votre enfant présente :

  • un gonflement du visage, des lèvres ou de la gorge ;
  • des difficultés à respirer ou à avaler ;
  • des plaques rouges ou des démangeaisons importantes sur la peau.

Prévention de la bronchiolite par Abrysvo®, disponible pour les femmes enceintes

La vaccination de la mère par l’Abrysvo® pendant la grossesse permet de protéger le nourrisson grâce au transfert d’anticorps maternels. Le bébé sera ainsi protégé de la naissance jusqu’à l’âge de 6 mois

Qui est concerné ?

La vaccination contre le VRS avec le vaccin Abrysvo® est recommandée chez la femme enceinte entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée en amont de la période épidémique et jusqu’à sa fin.

L’Abrysvo® peut être prescrit par les médecins et les sages-femmes. Il est administré par les médecins, les sages-femmes, les infirmiers diplômés d’Etat (IDE) et les pharmaciens

Le vaccin est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie.

Prévenir la bronchiolite et limiter sa transmission

La bronchiolite est une infection très contagieuse. De nombreuses personnes porteuses du virus, notamment le Virus respiratoire syncytial, peuvent ne présenter qu’un simple rhume ou aucun symptôme. Elles peuvent donc transmettre le virus sans le savoir.

Pour réduire le risque de contamination au sein de la famille et dans la collectivité, il est important d’adopter des gestes simples d’hygiène au quotidien. Ces précautions doivent être mises en place dès la sortie de maternité et idéalement jusqu’aux deux ans de l’enfant.

Gestes pour limiter la transmission

  • se laver les mains régulièrement avec de l’eau et du savon pendant au moins 30 secondes, ou utiliser une solution hydro-alcoolique (avant et après les changes, les repas, les câlins, etc.) ;
  • aérer le logement chaque jour pendant au moins 10 minutes ;
  • éviter autant que possible les lieux publics fermés et fréquentés, comme les transports ou les centres commerciaux ;
  • limiter les visites au cercle des adultes très proches et non malades. Eviter les bisous sur le visage, le passage de bras en bras, et les visites de jeunes enfants surtout pour les nourrissons de moins de 3 mois ;
  • ne pas partager les biberons, tétines ou couverts non lavés ;
  • nettoyer régulièrement les jouets et objets doudous ;
  • éviter toute exposition au tabac.
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En cas de rhume chez l’adulte

  • Se couvrir la bouche avec le coude ou un mouchoir en cas de toux ou d’éternuement ;
  • Porter un masque en présence du bébé ;
  • Éviter d’embrasser le bébé sur le visage et sur les mains.

Votre enfant et la bronchiolite

Mon enfant tousse, est-ce une bronchiolite ? Que faire ?

Si un bébé pleure sans cesse et que vous ne parvenez pas à l’arrêter, la première chose à faire est de garder son calme.

Il faut essayer de respirer, de se détendre un instant en laissant l’enfant couché sur le dos et en sécurité. Quelques moyens peuvent aider : écouter de la musique, respirer profondément, serrer un objet mou.

Il est important de parler de la situation dans laquelle on se trouve à son entourage. Cela permet d’être soutenu. Un ami, la famille, un voisin ou une personne de confiance pourra vous épauler. Cette personne pourra garder votre enfant un moment afin que vous puissiez vous reposer.

Si vous sentez que vous pourriez secouer votre bébé, appeler le 119 « Allo Enfance en danger » ou un médecin de proximité pour demander de l’aide. Des professionnels sont à votre écoute pour vous aider.

Bébés secoués = vies gâchées !

Il est important de gérer le temps d’écran des enfants.

La mort inattendue d’un nourrisson est définie par le décès d’un nourrisson de moins de 1 an, jusque-là considéré comme bien portant, alors que rien dans son histoire ne permettait de l’anticiper. Le décès survient le plus souvent durant le sommeil. C’est la première circonstance de décès des nourrissons avant l’âge d’un an.

Les causes de la mort inattendue du nourrisson sont probablement plurielles. Cependant, des études récentes ont montré que certains gestes simples permettent d’éliminer les principaux risques et de protéger votre bébé. Certains sont déjà détaillés dans les thèmes couchage et sommeil de notre site.

Mort inattendue du nourrisson